"L'Enfant et le ski".
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L'adulte a certainement pour mission de protéger
l'enfant et de lui offrir les conditions favorables à son épanouissement
présent et futur.
Par cet article, nous désirons également
sensibiliser et responsabiliser les parents et les entraîneurs quant
au danger de projeter leurs ambitions sur leur descendance ou de vouloir
acquérir un certain prestige en poussant l'enfant vers un succès
précoce.
Le but recherché d'une pratique sportive
et notamment du ski par l'enfant est son développement harmonieux
et son épanouissement personnel. Les premières orientations
sportives peuvent être décisives dans le choix d'une philosophie
de vie et d'une éventuelle carrière sportive.
On ne peut parler de sport sans parler d'entraînement.
Les deux sont indissociables.
Chez l'enfant, le terme " entraînement " ne peut pas correspondre
à celui de l'adulte avec son côté extrêmement
rigoureux. L'enfant n'est pas un adulte en miniature et ne peut se voir
infliger un entraînement d'adulte allégé (souvent l'
entraînement du dernier champion en date récupéré
dans un quotidien).
L'entraînement de l'enfant doit être
ludique, inventif, varié, amusant comme le jeu dont il s'en différencie
par le fait qu'il constitue une préparation planifiée à
la performance future.
" Performance future ", c'est une différence majeure entre
l'entraînement de l'adulte et celui de l'enfant qui ne peut poursuivre
des objectifs de haute performance immédiats.
Si nous désirons doter nos enfants d'un maximum
de potentialités (qu'ils décideront ou non d'exploiter par
la suite), nous devons reconnaître que cet entraînement préparatoire
est une étape fondamentale car certaines qualités motrices
ne peuvent s'acquérir et se développer de façon optimale
qu'à certaines périodes précises de leur développement.
En résumé, nous devons donner l'opportunité
à chaque enfant de se doter des qualités nécessaires
à la pratique du ski afin qu'ils puissent ensuite les optimaliser
et s'épanouir pleinement grâce à cette pratique évitant
les " si j'avais commencé plus tôt
" si souvent
entendus empreints d'une légitime frustration.
Nous devons les protéger de pratiques inadaptées d'entraînement.
Nous devons les encourager à la pratique sportive et faire taire
les idées fausses et les a priori concernant d'éventuels méfaits
du sport chez l'enfant et éviter que ces idées fausses ne
deviennent prétexte à l'inactivité.
Pour l'apprentissage du ski, quatre étapes successives évoluant
en boucle fermée mèneront l'enfant à une connaissance
optimale des conduites motrices impliquées dans la pratique du ski
:
1. la familiarisation : l'enfant se familiarise avec un nouvel élément
2. les jeux
3. l'apprentissage : plus spécifique et systématique, il doit
aboutir à l'acquisition parfaite des éléments fondamentaux
du ski
4. l'entraînement à proprement parler qui conduit à
des gestes plus difficiles
Dès avant l'âge de 3 ans, l'enfant va naturellement se familiariser
avec la neige, vaincre sa peur de tomber (phase de familiarisation à
la neige) ensuite courir, glisser, plonger lors d'activités ludiques
et maîtriser ce nouvel élément (phase de jeux).
Dès l'âge de 3 ans, il pourra en faire
de même skis aux pieds.
L'enfant va se familiariser aux skis, vaincre sa peur, glisser et commencer
à les maîtriser (phase de familiarisation aux skis).
Cette pratique est réalisable dès ce jeune âge à
condition que l'enfant soit parfaitement encadré. Les conditions
de terrain, le matériel, la météorologie et la durée
seront adaptés à leurs aptitudes afin d'exclure tout danger.
Des skis courts (80cm de long pour un enfant de
3 ans), des chaussures adaptées, un terrain adapté à
leurs aptitudes et protégé, un moniteur inventif et ludique
à leur écoute et les voilà prêts pour des séances
de courte durée, de ski ludique sans bâtons.
L'enfant ne pratique pas un sport, il découvre un nouveau jeu, réalise
des jeux de ballon, de slalom,d'adresse sur terrain plat où en légère
pente. Tout doit être imagination et jeu (phase de jeux).
A partir de l'âge de 5 ans, l'enfant vit le
ski comme une activité physique. Il est capable de maintenir son
attention et de pratiquer le ski durant des demi-journées.
Durant cette phase de formation psychomotrice de base, les actions motrices
doivent être larges et diversifiées.
L'enfant élargit son répertoire moteur dans lequel il ira
ensuite puiser ces actions motrices de base pour les affiner et éventuellement
les entraîner. On comprend aisément que l'acquisition d'un
répertoire le plus large possible d'action motrice de base est fondamental
pour le développement futur et l'acquisition parfaite des éléments
fondamentaux du ski.
Dès cet âge, l'enfant pour s'initier au surf.
A partir de 7 ans commence l'âge d'or d'apprentissage
des qualités motrices (cf tableau).
Capacités Période optimale Période maximale
Apprentissage moteur 7 à 12 ans et 14 à 15 ans 10 à
12 ans
Différencier et contrôler 7 à 13 ans 11 à 13
ans
Réactions visuelles et acoustique 7 à 11 ans 8 à 10
ans
Orientation spatiale 6 à 15 ans 12 à 15 ans
Equilibre 9 à 13 ans 7 à 12 ans
Vers 10 ans, débute un processus de spécialisation par l'apprentissage
plus spécifique et systématique des techniques de ski et leur
perfectionnement toujours dans le but de l'acquisition parfaite des éléments
fondamentaux du ski.
Les capacités d'orientation spatiale, d'équilibre,
d'apprentissage moteur étant maximales, c'est la période de
la vie la plus propice à l'apprentissage et au développement
d'équilibre dynamique (11-15 ans) et d'équilibre lors des
mouvements rotatifs (11-14 ans).
L'enfant doit élargir sa pratique sportive
à d'autres activités (VTT, vélo, roller in line,
).
La pratique du ski , sport d'hiver, offre l'avantage de ne pas être
restrictive. L'enfant ne fait pas que du ski toute l'année comme
il pourrait se consacrer exclusivement à la course à pied
ou au vélo. C'est une excellente chose puisque
Lors de la poussée pubertaire, l'enfant connaît
d'importants changements morphologiques qui modifient totalement son schéma
corporel. C'est le creux de la vague pour ses capacités d'apprentissage
moteur. Il a des difficultés à utiliser un corps " qui
a grandi trop rapidement " et qu'il ne maîtrise pas encore.
Il devra attendre 13-14 ans pour connaître une deuxième période
propice d'apprentissage ou il va remettre en place tout ce qu'il avait acquis
sur un nouveau corps.
Après la période pubertaire, vers
l'âge de 15 ans, l'entraînement devient spécifique, orienté.
Les charges de travail augmentent, on développe les qualités
de base et stabilise les acquis techniques. Les compétitions deviennent
régulières. On peut parler d'entraînement avec une planification
vers un haut niveau de performance.
Période propice au développement des capacités d'endurance
(15-22 ans) et au développement des réactions aux stimuli
visuels (18-22 ans).
Docteur Michel CERFONTAINE
Responsable Commission
médicale
rue Prés 134, WANDRE
043 626 767
mise à jour 9/05/04